Powered By Blogger

Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est Laos. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Laos. Afficher tous les articles

vendredi 11 juin 2010

Des dents, partout des dents, tout le temps des dents


La vie vous envoie parfois de drôles de signes. Certains sont faciles à comprendre et certains deviennent parfois de véritables mystères.

Le dernier signe que la vie m'envoie entre tout à fait dans la deuxième catégorie. J'ai beau en chercher la signification, mais les réponses viennent aussi vite qu'un escargot sur le prozac. Impossible à interpréter.

Appel à tous, donc Peut-être serez-vous en mesure de m'aider, qui sait. Je l'espère parce que je commence à manquer d'idées. Vous verrez, l'équation n'est pas la moindre.

Savez-vous comment interpréter une surabondance de dents? Je le concède, c'est un peu étrange comme statement. Mais laissez-moi vous expliquer comment ma dernière semaine au Laos a été marquée par une succession d'épisodes impliquant des dents.

Round 1: J'entre dans un commerce pour m'acheter une bouteille d'eau. Déshydraté, je fonce vers le frigo, j'ouvre la porte, mais au moment où je tente de m'emparer de la bouteille, la femme qui travaille dans le commerce m'en empêche, me prend le bras et le dirige vers une cannette de Sprite.

Voyant que mes options sont limitées et que la femme a l'air un peu "retard", le seul son sortant de sa bouche ressemblant plus à un "hehummha" qu'à du laotien, j'obtempère et prend la cannette de Sprite. Mon dernier geste déclencha une explosion de joie chez la dame puisqu'elle me répondit avec le plus beau sourire: cinq dents dans la bouche, trois en haut, deux en bas... et les cinq bien croches.

Le choc initial passé, je paie ma boisson... ce qui redéclenche une autre explosion, encore plus grosse que la précédente. La femme aux oreilles décollées me serre dans ses bras. L'intense étreinte dure deux minutes (je suis conscient que je suis un solide sex-symbol, mais il appert madame que votre réaction est un tantinet prématurée! Un peu de retenue, diantre!) Pendant le fameux deux minutes, la femme me flatte également les bras, me sort l'éventail complet de ses "hehummha" et m'offre la gamme complète de son sourire en notes de piano.

Round 2: Deux jours plus tard, j'embarque dans un autobus direction sud. Comme le veut la coutume quand vous embarquez dans un autobus au milieu du parcours, il n'y a aucun banc libre, et vous devez vous asseoir à quelque part dans l'allée. Cette journée-là, j'ai eu la chance de ne pas atterrir sur une petite chaise de plastique, mais plutôt sur une énorme poche de riz. Cinq heures sans vraiment pouvoir bouger sur une poche de riz, ça endurcit le popotin et ça fait travailler l'imagination... quoi faire pour passer le temps? Observer les gens autour de moi.

Encore une fois, comme si une force quelconque avait voulu que je m'asseoie à cet endroit, j'ai eu la chance de tomber à coté du phénomène assis à ma gauche. Sa particularité: être le king du cure-dents. Je ne sais pas si le type se préparait à une compétition du plus infatiguable cureur de dents, un fait demeure: le type s'est curé les dents pendant 24 minutes! Oui, 24 minutes. Et 7 cure-dents pour passer, repasser et rerepasser de haut en bas, de bas en haut, de gauche à droite et de droite à gauche. Fascinant!

Round 3: Trois jours plus tard, je me retrouve sur l'île de Don Khong, près de la frontière du Cambodge. Alors que je lis un peu sur ma prochaine destination, des centaines de villageois défilent dans la rue, certains en habits traditionnels, certains jouant d'un instrument de musique, certains dansant sur des chars allégoriques. Je m'approche de l'action. Une femme en habit traditionnel fonce vers moi. Elle a manifestement bu un peu trop de laolao (whisky de riz), ce qui explique probablement pourquoi elle emprisonne mon visage avec ses deux mains.

À l'instar de la femme du dépanneur, elle meugle un truc incompréhensible qui ne ressemble en rien à du laotien. Mais ses paroles ressemblent plus à des "hoytopamoyfoceque" qu'à des "hehummha". Son cri m'avait surpris, mais pas autant que l'intérieur de sa bouche: une opaque et épaisse couche à mi-chemin entre le violet ultra-foncé et le gris fumée de pneus en train de brûler couvrait son palais, sa langue, ses dents... un peu comme si elle avait bu 24 litres de slush "sang de truie fermenté". Hummm, ragoûtant!

Round 4: Dernier jour au Laos. Avant de prendre l'autobus pour le Cambodge, je m'arrête pour m'acheter une petite collation: un épi de maïs grillé... un pur délice. La dame responsable du BBQ me donne mon épi. Je paie, elle me sourit... encore une fois, un autre signe. Cette fois, la dame n'a pas de dents. Ironique, non, une femme qui vent des épis de maïs et qui n'a rien dans la bouche pour manger ses épis... chose certaine, elle ne risque pas de manger sa marge de profit.

Alors voilà, les faits sont exposés. Dents, par-dessus dents, par-dessus dents. Ne me dites pas que ce n'est que le fruit du hasard, tout ces gens et leurs dents. Alors. Ça veut dire quoi, toutes ces dents-là?

jeudi 3 juin 2010

Si Cléopâtre avait élevé les éléphants


Pensez au bain parfait. Problablement qu'en tête de liste, vous pensez aux fameux bains de la reine Cléopâtre. Un immense bain de lait d'ânnesse légèrement tiède dans lequel se prélasser pendant des heures. Le bain idéal pour avoir la peau douce, satinée et sans impureté.

Parlant de peau douce, satinée et sans impureté, avez-vous déjà vu la peau d'un éléphant? Si oui, well, vous savez à quel point la peau de cet animal est tout sauf douce, satinée et sans impureté.

La substance est difficile à décrire: un genre de cuir mi-chaud mi-froid très poilu, très rugueux et très sale en permanence.

Personnellement, je suis convaincu que l'éléphant est un animal raffiné et coquet qui aime les bons petits plats (il ne mange que les feuilles les plus fraîches)et qui aime les bons soins de la peau... ce qui explique son amour pour la baignade en rivière et s'aroser le boby-body avec sa trompe.

Mais l'éléphant a oublié un léger détail et c'est là que Cléopâtre aurait pu changer le cours de l'histoire des pachydermes. Si Cléo était devenue éléveuse d'éléphants au lieu de jouer au fefesses avec César, elle aurait montré à l'animal l'importance de se baigner dans un liquide propre.

Les éléphants en auraient redemandé et pour répondre à la demande, Cléo aurait créé une horde d'éleveuses d'éléphants et ses enseignements sur les soins corporels auraient traversé les âges.

Malheureusement, ce scénario de rêve ne s'est jamais matérialisé pour l'animal qui doit maintenant se contenter d'eaux sales.

Je savais que l'éléphant se baignait dans ces eaux tout sauf limpides quand, en compagnie de mes compagnons d'expédition, nous avons conduit, sur le dos de l'animal, l'éléphant à la rivière pour le bain de l'après-midi.

J'ai eu l'honneur d'être sur le plus gros éléphant du groupe. Mais qui dit plus gros animal dit plus gros "toute". J'espérais un éléphant propre de sa personne à la rivière. Je lui flattais la tête en lui racontant les histoires de Cléopâtre et en lui disant que j'allais lui donner le plus gros os s'il était gentil. Rien ne suffit à convaincre ma bête.

À la seconde où il a mis les pattes dans l'eau, les valves se sont ouvertes: un jet de pisse aussi puissant qu'un boyau de pompier (quand ton engin fait trois pieds de long par huit pouces de large, tu entres dans une catégorie supérieure de pisseur professionnel)pendant près d'une minute et neuf belles balles vertes grosses comme des noix de coco. Ploc, ploc, ploc (et non plouc... plouc, c'est pour les livraisons humaines... quand ce qui sort de ton anus pèse cinq livres, ça fait ploc dans l'eau!)

Et ainsi s'exécutèrent aussi ses compagnons à leur entrée dans l'eau. Bon appétit! Et que le fun commence!

L'animal se fait aller la trompe pendant que je suis sur son dos. Les boules vertes flottent et s'approchent dangeureusement de mon pied (25 pouces... 15 pouces... 10 pouces... 5 pouces). Je ne sais pas trop où est le pipi, mais il est clairement dans les environs.

-Tasse toé, dude, il y a de la marde qui flotte partout....

Peine perdue...

Qu'à cela ne tienne, l'éléphant se "baigne" et je suis l'héritier de 90% de l'eau qui sort de sa trompe. L'éléphant trippe. Moi aussi, mais je tripperais un peu plus si je n'étais pas entouré de 17 boules de marde!

Petit conseil, si vous participez un jour à l'activité (que je recommande fortement), n'ouvrez pas la bouche pour crier à vos amis que vous venez de vous faire splasher solide... l'éléphant est probablement en train de préparer sa prochaine livraison et vous risquez de vous rincer la bouche avec autre chose que du Listerine. En toute circonstance, la bouche fermée et respirez par le nez.

Autre conseil, à votre retour à l'hôtel après votre petite expédition, lavez-vous au PC. Vous ne sentirez peut-être pas à quel point vous sentez mauvais. Mais après vous être fait asperger d'eau au moins 50 fois, vous être fait envoyer l'air fétide de la trompe une bonne trentaine fois et vous être fait éternuer dessus, je confirme que vous sentez la charogne.

Désolé Cléo, j'ai fait ce que j'ai pu...

samedi 29 mai 2010

Le malade mental


Suivant la recommandation de deux touristes dans l'autobus de Phonsavanh à Vang Vieng, le choix de l'hôtel à Vang Vieng s'arrêta sur Le Jardin Organique.

L'emplacement idéal: au bord de la rivière et le balcon de la chambre donne directement sur les immenses et majestueux pics karstiques qui caractérisent la région. Le décor parfait. 50 000 kips pour la chambre; le tarif est excellent.

Tout semble parfait, sauf une chose... le personnel ne semble pas des plus sympathiques. Au contraire, faire faire la visite de la chambre semble une corvée pour la femme du propriétaire. Bof, rien de grave. Et le propriétaire, lui? Un gros air bête qui ne sourit pas et qui donne du fil à retordre aux employés qui travaillent à la construction de nouvelles unités. Bof, rien de très grave.

Sauf qu'il y a un pas entre être un gros air bête qui ne sourit jamais et qui sait répond à peine à votre salut et devenir un fou furieux qui ferait passer pour un petit chaton tout inoffensif l'Enragé qu'est Michael Douglas dans le film du même nom... Malheureusement pour moi, le pas à franchir, ce débile à insérer dans une camisole de force l'a franchi avec ses grosses bottes sales pleines de boue. La victime de cette crise magistrale, moi... évidemment.

Après la quatrième nuit passée au Jardin Organique, il est temps de quitter les lieux pour se rendre à Vientiane, prochaine destination sur l'itinéraire.

Deux compagnons de voyage hollandais rencontrés à Phonsavanh et habitant au même hôtel me racontent qu'ils ont réussi à faire passer le prix de leur bungalow de 80 000 à 65 000 kips la nuit... tout en ayant promis aux propriétaires de rester trois nuits, de payer pour la lessive et d'acheter des bières et autres boissons...

Pas vraiment l'intention de faire baisser le prix de 15 000 kips la nuit, mais si je suis capable de faire baisser le prix de 5000 kips la nuit, je serai ravi. Après tout, le marchandage est de coutume en Asie. Même dans les hôtels et il m'est même arrivé à quelques reprises de me voir offrir un rabais par les propriétaires sans l'avoir demandé.

Au moment de sortir les billets, je demande à la femme si elle peut baisser le prix de la chambre, tout en insistant sur le fait qu'ils ont offert un rabais à mes compagnons hollandais. Je m'attendais à un oui ou à un non. Pas à un non suivi d'excuses débiles du genre: ils n'ont pas la télé et la climatisation (euh... moi non, plus). En Asie, le marchandage se fait généralement avec le sourire parce qu'il s'agit d'un jeu. Mais là, ce n'est pas un jeu du tout. La femme au sourire bien enfoncé entre ses deux fesses crie non, non, non à tue-tête, gesticulant et ayant l'air de plus en plus bête à chaque seconde. C'est beau, c'est non, j'ai compris. Pas besoin de me faire votre plus belle imitation de Godzilla.

Je tends les billets. Maintenant, c'est combien pour les deux yaourts et les biscuits? 22 000 kips, comme d'habitude. Non 26 000 kips. WTF 26 000? 12 000 pour le biscuits et 10 000 pour les yaourts? Non, 14 000 pour les yaourts? WTF? C'est le troisième matin en ligne que j'achète les yaourts à 5000 kips... pourquoi 7000 kips ce matin? En plus d'avoir la bonne humeur d'un 45 gallons de bouze de vache, t'essaies de me faire avaler que l'inflation a fait grimper de 40% le prix des yaourts dans les 24 dernières heures.

Madame, les yaourts sont 5000 kips partout en ville. Non, non, non, c'est 7000 kips.

Ok, grosse folle. Je vais tout simplement aller acheter ma bouffe ailleurs. Je prends les yaourts et les remets dans le frigo. Et je prends les biscuits et les lance sur l'étagère. Erreur fatale de ma part, parce que c'est à ce moment que Hulk arrive dans la mêlée.

Hulks se met à m'engueuler en laotien et à taper sur le congélateur situé à côté de la réception. Une, deux, trrrrrois.... comme à la lutte... Les tapes sur le congélateur fusent pendant que les insultes pleuvent.

-Easy tiger... on se calme. Donnez-moi mon reçu pour la chambre et je vais fouttre le camp au PC.

Le choeur se poursuit. Pendant que la femme me dit que je suis le pire client sur la terre (ses arguments sont un peu flous, je ne pourrais les détailler), Not so easy Tiger prend son cahier d'invités et me crie : "How many nights, how many nights???"

- Euh, quatre, monsieur, dis-je en commençant à élever la voix.

- No good. People stay here one month and don't ask for discount (à voir comment vous réagissez quand on vous demande un rabais, on se demande bien pourquoi les gens ne demandent pas de rabais... et en passant, monsieur, vous avez un peu d'écume sur le bord de la bouche)

C'est beau dude, pas de rabais. Mais la colère du tigre se poursuit. Après avoir lancé son cahier sur le livre, Hulk prend deux bouteilles de bière pleines et fait semblant de me les lancer par la tête. Une, deux, trrrois... Quel calisse de fêlé!

Je n'ai aucune idée si le gars va vraiment me lancer les bouteilles, mais je baisse la tête. Je commence à avoir la chienne. Je recule. Plus je recule, plus il avance avec ses deux bouteilles à la main. Il refeinte de lancer les bouteilles à nouveau. Je recule encore... il va bien finir par en lancer une.

La femme ne sait plus où donner de la tête. En même temps qu'elle tente de calmer son mari, elle me crie que je devrais avoir honte d'avoir lancé les biscuits sur la tablette parce que les Laotiens ne font jamais ça...

Suis-je donc bête. Total manque de civisme de ma part. C'est pas beau de lancer des biscuits sur une tablette, c'est bien mieux de crier après un client et essayer de lui lancer des bouteilles de bière par la tête... Calisse d'épaisse, veux-tu vraiment qu'on réévalue ton échelle des trucs graves vs pas graves pendant que ton mari a encore deux bouteilles de bière dans les mains?

Le géant vert dépose les bouteilles dans la caisse et recommence à taper sur le congélateur en criant parce que je n'ai pas voulu lui acheter de billets de bus, préférant le faire en ville auprès d'une dame sympathique (la dame vendait tout simplement ses billets moins cher que Hulk et quand je lui ai dit que je lui achèterais le billet s'il me le vendait au même prix que la dame, il avait paniqué). Maintenant, il est en rogne à cause des billets. Dude, on appelle ça le capitalisme et la liberté du consommateur. Pas de problème à ce que tu vendes tes billets plus cher qu'ailleurs, je vais simplement les acheter ailleurs. Mais ça, Not So Easy Tiger n'aimait pas ça. Il gueule, gueule, gueule.

Et il s'avance vers moi. Il me pousse avec ses deux mains. J'ai encore plus la chienne. Le gars est un peu trop violent pour moi. Ma banque de patience est à zéro. Je crie à mon tour: "touche moi encore juste pour moi, gros cave, que j'appelle la police. Touche moi juste une autre fois pour voir".

Le gars lève les deux poings comme un boxeur. Sa femme crie pour le dissuader de frapper un de ses clients. Je reste devant lui. Le gars baisse les bras après quelques secondes (je vois que sa cellule du bon-sens vient de se réveiller dans son cerveau), retraite derrière le comptoir et continue à m'engueuler en laotien.

Je suis hors de moi. Je continue à défier le malade mental. "Envoye gros épais, frappe-moi, frappe-moi juste une fois. J'aimerais bien voir ça". Le scénario était déjà fait dans ma tête: un bleu sur mon visage et c'est la plainte à la police et à l'ambassade du Canada.

Je quitte la scène. Mon "fuck you ass hole!" est bien senti, bien puissant et bien profond. Le sien aussi. Mais je m'en fous. L'important est que le malade mental ne m'ait pas mordu... après tout, je suis vacciné contre la rage animale, mais je ne crois pas que le vaccin soit assez puissant pour contrer les morsures de ce malade mental.

PS: Idéalement, vous éviteriez cette histoire et vous n'iriez jamais donner votre argent aux deux fous furieux du Jardin Organique à Vang Vieng. Conseil d'ami.

mardi 25 mai 2010

Les moineaux modernes


J'avais déjà vu plusieurs jeuns moines au Laos, notamment à 5:30 AM dans les rues de Luang Prabang, quand ces jeunes étudiants en robe orange déambulaient en ville en acceptant les offrandes des passants sur le trottoir avant de retourner dans les temples pour étudier.

Rituel très intéressant et instructif sur la vie de ces jeunes personnes malgré l'heure des coqs.

Mais je n'avais jamais rencontré le jeune moine dans son environnement de travail, d'étude, de prière... ce que je fis pour la première fois au Wat Okat Muang Ngoi dans le village de Muang Mgoi Neua dans le nord du Laos.

Nous entrons dans un bâtiment adjacent au temple. Cinq moines d'environ 12-14 ans sont assis au sol sur des coussins. Je les imagine déjà en train d'étudier les écrits des Descartes, Marco Polo, Einstein, Michel Louvain...

Oups! Non! Pas vraiment! Ces futurs Dalai Lama sont plutôt en train de jouer aux cartes et de fumer la cigarette...

Bienvenue du 21e siècle!