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mercredi 4 septembre 2013

Sven et les gars pas-là


Avertissement: ce billet contiendra un nombre anormalement faible de blagues et de commentaires ironico-sarcastiques qu’à l’habitude en raison du sujet traité; nous préférons vous en avertir afin de vous éviter une déception par rapport à vos attentes sur le degré de drôle que l’on retrouve normalement sur cette page.

Avertissement : malgré la nature sérieuse du sujet abordé, il se peut que vous trouviez quand même quelques blagues de drôle dans ce billet; ne voyez en aucun cas dans ces blagues un manque de respect pour le sujet traité, mais plutôt parce que j’essaie quand même toujours de faire sourire les gens malgré la gravité du thème et que j’aime bien faire des images. Nous préférons vous en avertir pour éviter les plaintes.

Avertissement : désolé pour les deux avertissements précédents qui font en sorte que le texte ne commence pas dans le vif du sujet. Je voulais simplement mettre carte sur table afin que vous soyez conscients; nous préférons vous en avertir.

Ok, on part…

Comme chaque grande ville, Rio de Janeiro compte son lot de gens vivant dans la rue. Selon des chiffres du Brazil’s Economic Research Institute Foundation, on compte 2500 itinérants à Rio. Mais puisque la statistique date de 2003, on peut sans doute penser qu’on en compte plus que 2500.

Des itinérants, j’en ai vu un paquet dans un paquet de villes. Ceux de Vancouver, qui vivent dans l’infâme Downtown Eastside, avec leur dépendance aux drogues dures, ont frappé mon imaginaire, comme ils frappent l’imaginaire de tous ceux qui se promènent dans ce petit secteur de la ville. Après deux mois à voir les Hommes de la rue de Rio, je réalise que Vancouver a de la sérieuse compétition en la matière, élément pas nécessairement positif.

Ici, les itinérants, je les surnomme les gars pas-là tellement ils ne semblent pas appartenir au même monde.  Ici, ce n’est même plus une question de vivre dans la pauvreté. Ce n’est plus une question de vivre dans la misère. Je pense que la plupart s’en accommoderait très bien. Ici, c’est une question de vivre sans dignité et espoir de s’en sortir et de ne même pas se rendre compte que l’on vit dans une telle situation tellement on n’est pas-là. C’est ça qu’on appelle le boutte de la marde? Pour moi, oui.

Dans mon premier billet live from Rio, je vous parlais du mythique quartier de Lapa et de sa faune nocturne pour la moins spéciale. Si le soir, Lapa vibre au rythme des bars et des fêtards, le jour on remarque beaucoup trop ses gars pas-là que son architecture coloniale encore visible malgré les épaisseurs de graffitis et les carreaux défraichis. On s’entend, ce qu’on n’y voit ne se retrouvera pas sur une carte postale ou une vidéo promotionnelle.

J’ai habité le secteur près d’un mois. L’intersection Mem de Sa / Gomes Freire, je l’ai traversée une centaine de fois. La première fois, elle fait peur sans qu’on s’attarde aux détails. La centième fois, on a mal parce qu’on s’attarde aux détails. Chaque fois, la même scène, les mêmes 20 hommes : le dude qui entend beaucoup de musique dans sa tête et qui joue inlassablement du drum dans le vide, debout, toujours au même endroit, le dude qui semble avoir une discussion très intéressante avec plusieurs interlocuteurs qu’évidemment personne ne voit, les deux dudes qui s’obstinent en buvant uma cerveja sur le banc de béton devant le bar. Bref, des classiques, ne portant évidemment pas le dernier complet Armani et le dernier parfum de Lise Watier et ne jasant fort probablement pas de la sévérité de la sentence réservée à Bradley Manning.

Et autour de ces classiques, un tableau encore plus triste. Des dizaines et des dizaines d’hommes dormant sur le trottoir, épars au hasard des rues. Les plus riches ayant le luxe de dormir sur un matelas qu’ils trimballent à gauche et à droite. Parfois, dormant sans couverture, parfois emmitouflé de la tête aux pied sous une couverture. Parfois complètement cachés dans le matelas. D’autres ont pour matelas une ou deux boîtes de carton dépliées. Alors que d’autres dorment tout simplement par terre avec rien d’autre, embrassant directement le bitume ou le béton.

Mais ici, le plus troublant n’est pas tant le fait qu’ils dorment sur le trottoir mais l’heure du sommeil. Jamais n’ai-je vu autant d’itinérants dormir par terre au beau milieu de l’après-midi. À l’aurore ou à l’aube, fine (pas fine dans le sens que c’est normal qu’ils dorment dehors, mais c’est plus normal qu’une personne dorme à 7 heures du matin ou à 8 heures le soir qu’à 3 heures de l’après-midi). Mais que je puisse en voir 25 dormir en marchant pendant 15 minutes au beau milieu de l’après-midi me flabergaste chaque fois.

Autre phénomène troublant, dans cette histoire sans fin de phénomènes troublants, plusieurs ne dorment pas collés le long d’édifices mais plutôt au beau milieu de la voie. On observe souvent la chose dans les parcs ou les espaces publics, et parfois même les trottoirs, alors qu’ils sont affalés en plein centre de l’espace. Un peu comme s’ils n’avaient pas eu la force de se protéger contre un mur, un arbre, un banc. Ce soir, mon coma commence… ici! Comme meurt un personne dans Matrix quand on le débranche alors qu’il se bat contre l’agent Smith.

Techniquement, rien ne ressemble plus à une personne qui dort qu’une autre personne qui dort. Mais les gars pas-là de Rio qui dorment sur le trottoir à trois heures de l’après-midi quand il fait 35 dehors ne ressemblent pas à des gens qui dorment. Je les regarde et les imagine être dans le 9e degré de rêve dans Inception, tellement loin de la vie et de la Terre, ressemblant à des êtres qui ne se réveilleront jamais. Comme si leur sommeil était un puits sans fond, un trou noir, un vortex d’obscurité, dans lequel ils plongent au moment de fermer les paupières. Insensibles aux bruits de l’environnement immédiat, passants, voitures, autobus, constructions, alors qu’ils sont pourtant au centre de l’auditorium.

Vendredi soir, Lapa, 22h00. La nuit nocturne bat son plein. À l’instar des bruyants débits de boisson avoisinant, la terrasse de Carlito’s na Lapa déborde comme à l’accoutumé. Entre la rue et la dernière table, environ 60 centimètres, espace suffisamment large pour accueillir un pas-là bien fatigué. Il est donc couché là sur le carrelage du trottoir. D’un côté, les voitures le frôlent au passage. De l’autre, on festoie entre amis. Mais le gars pas-là, lui, dort à poings fermés, à des années-lumière de la vie crachant ses décibels qui l’entoure, quelque part dans un dédale d’Inception.

Quelques mètres plus loin, de l’autre côté des magnifiques arches blanches, dans les marches en angle du trottoir entre Ladeira Santa Teresa et Joaquim Silva, un pas-là dort profondément, la tête directement sur le béton, les pieds six marches plus bas, le reste du corps occupant, en contorsion, les autres marches. Dormir dans un escalier de béton en angle alors que plusieurs centaines de personnes chantent et crient à quelques mètres de nous, c’est quelque chose, comme le disait le Grand Mario!

En passant, question à ne pas me poser : as-tu pris des photos des gars pas-là pour illustrer ton texte? Je répondrai par une question. Vous souvenez-vous de la scène dans Elvis Gratton quand notre colon national, alors qu’il étale son intelligence à Santa Banana, se fait prendre en photo par Linda avec un dude transportant 300 livres de noix de coco et de canne à sucre sur son dos, l’arrêtant sur son chemin pendant trois ans pour que Linda trouve le bon angle et que finalement le dude tombe à genoux quand Elvis le lâche, et que finalement sur la photo, on voit Elvis avec un sac de noix de coco en jute… Remember me? With a lot of rum… Alors, ma question : est-ce que j’ai l’air d’un Elvis Gratton? Je pense que ça devrait répondre à cette question si jamais elle vous traverse l’esprit.

Ces scènes, on les retrouve un peu partout à Rio. Parfois, c’est un vieillard les culottes baissées se lavant l’affaire en tentant de se cacher dans un coin entre deux édifices sur le trottoir à un jet de pierre du métro Botafogo. Parfois, c’est une femme qui n’a qu’un arbre comme camouflage pour faire un numéro 2 sur le terre-plein de Avenida Atlantica devant la plage de Copacabana. Parfois, c’est un jeune adulte qui allume un feu en plein air pour essayer de se réchauffer et cuisiner au beau milieu de la Praça Paris à Gloria. Parfois, c’est. Parfois, c’est. Parfois, c’est.

Mais, c’est toujours une scène de tristesse infinie, de désespoir absolu, d’abandon total. Un abandon par rapport à ce que la vie a à offrir ou à nous enlever. Ils n’interagissent pas avec ceux n’étant pas dans leur dèche. Ils ne mendient pas. Emprisonnés dans leur enfer. Physiquement si près, mentalement si loin, éteints.

Près de chez moi, deux cas déchirants. Deux hommes m’ayant tout l’air fin cinquantaine vivant sur deux coins de rue successifs. Le premier possède une canne, une couverture, beaucoup de corne sous les pieds et neuf dents. J’ai dû le voir 200 fois… jamais je ne l’ai vu debout. Mais il se lève au moins une fois par jour pour changer de côté de rue pour dormir, un soir du côté est, l’autre soir du côté ouest. Un pâté de maisons plus loin, son frère de rue, lui, ne bouge jamais. Toujours accoté contre le même arbre, à l’ombre. Il possède une petite radio et une bouteille Coca-Cola en plastique qu’il remplit d’eau. Souvent, au cœur de l’après-midi, toujours assis contre son arbre, il disparaît, immobile, sous son épaisse couverture. J’entends parfois grogner. Je ne vois jamais manger, je ne vois jamais sourire, je ne vois  jamais vivre. Je vois une épave.

Sûrement jadis un beau bateau fraîchement peint, dont le coque a frappé plusieurs écueils avant de céder, de fendre et de laisser entrer l’eau et de sombrer. Une épave comme il y en a tant au fond des eaux sombres de Rio. Pour l’instant abandonnées, ira-t-on un jour les repêcher?

mardi 30 juillet 2013

Sven à la plage




On retrouve deux types de douche sur les plages de Rio de Janeiro. La douche qui nous permet de nous décrotter un peu. J’écris un peu parce que ces douches de fortune/itinérantes installées au beau milieu de la plage ne possèdent pas nécessairement un jet très puissant. Donc, après avoir macéré cinq heures au soleil beurré de crème solaire, période pendant laquelle vous êtes également vous amuser follement dans la mer et pratiqué un des 23 000 sports que l’on pratique sur les plages de Rio, vous avez du sable inscrusté partout, vous collez plus que du Duck Tape et vous sentez le viarge. Donc, cette douche vous permettra simplement d’enlever le plus gros du sale et de survivre avant de procéder à un lavage plus en profondeur une fois à la maison. Ça, c’est la douche classique que tout le monde connaît.

Mais on retrouve également un second type de douche sur les plages ici. Celui auquel on a associé, il y a quelques années, un contenant malléable servant à transporter des biens divers souvent fabriqué en plastique, en coton ou en fibres synthétiques : le sac… ou bag en anglais. Oui, on parle bien ici du douche bag.

Malheureusement, ces JerseyShore-wannabe en puissance ont traversé les frontières et ont établi Rio comme base de travail, et ses plages comme salle de montre. On retrouve même quelques hipsters à Rio; pas vu des masses parce que le mouvement semble naissant (on me confirme entre les branches que le premier Urban Outfitters et American Apparel ouvriront leurs portes l’an prochain… l’invasion barbare devrait donc continuer à se répandre dans les prochains mois). Donc, si en tant que Québécois, vous voulez voyager sans être trop fortement déstabilisés culturellement, sachez que vous pourrez retrouver certains repères à Rio.

Mais revenons aux douches cariocas. Je pense ne rien vous apprendre en écrivant que le Brésil, et notamment Rio, est une terre fertile pour l’industrie de la chirurgie plastique. Le Brésil est le deuxième pays au monde dans le domaine, derrière les États-Unis. En 2011, il s’est pratiqué pas moins de 1,44 million de chirurgies plastique au Brésil. Le pays compte quelque 5000 chirurgiens plastiques, contre 5900 aux États-Unis et 2000 en Chine, troisième au classement (ouch! l’écart entre le Brésil et la Chine). Dans tous les stands à journaux, on retrouve un magazine dont le titre est sans équivoque : Plastica & Beleza (Plastique et beauté). Et le 22e congrès de International Society of Aesthetic Plastic Surgery aura lieu à Rio en septembre 2014 (réservez votre place dès maintenant!)

Bref, ici, on aime ça les beaux bodys bronzés. Et un beau body bronzé, faut montrer ça au peupe! Évidemment, de la peau, on en voit en ta sur les plages ici. Et le douche bag, lui, ce qu’il veut monter au peupe, ce sont ses muscles, ses proéminents mussssqquueesss.

Et pour montrer ces belles masses musculaires du haut du corps au plus grand nombre de gens possible, on ne reste pas évaché sur une chaise de plage à se faire griller la couenne parce que tu seras vu par un nombre trop restreint. Tu fais quoi? Tu te promènes, tu bouges le long de la plage. Et c’est ce que le douche fait.

À Rio, on retrouve sur le trottoir en bordure de la plage plusieurs séries d’appareils de métal pour s’étirer avant de courir, jouer au volleyball ou se baigner. Je ne sais pas s’il existe un règlement interdisant au peupe normal d’utiliser ces appareils parce que ce sont pratiquement exclusivement les douches à muscles qui rôdent autour de ces appareils. Évidemment, l’opération « étirement » se fait chesse à l’air, question que l’on puisse admirer ces suaves gouttes de transpiration post quatre chin up et la magnifique démarcation musculaire entre cette poitrine gonflée et ce six-pack d’Hercules ou entre cette épaule charnue et ce biceps viril.

En action, le douche effectue ses étirements le plus doucement et langoureusement possible afin de titiller et d’impressionner sa future proie déambulant sur le trottoir, comme si chaque étirement avait été étudié en laboratoire pendant trois ans afin d’atteindre le déploiement musculaire optimal… « si c’est à 45 degrés que mon pipe a l’air le plus gros, je n’irai pas à 48, faut viser la perfection dans la vie », m’a confié un douche qui a préféré conserver l’anonymat la semaine dernière, avant de remonter sur l’appareil pour faire 30 secondes de chin up en spinning en faisant bien attention de bien faire du bruit de bouche pour souligner son effort surhumain.

Pendant l’acte entre chaque exercice, le douche prend bien le temps de se regarder le chesse pour s’assurer que tout est magnifique et que son six pack est bien exposé. Mais un coq ne regarde jamais que sa propre crête dans la vie. Il faut qu’il analyse les autres pour s’assurer qu’il a la plus grosse crête et montrer sa supériorité. On observe le même phénomène autour des appareils d’étirement. On regarde les chicks passer, on fait des poses sans faire de poses parce qu’on fait attention pour avoir l’air un tantinet subtil, on se regarde l’huile de chesse couler, mais on scrute également la masse musculaire des ennemis en face de nous qui sont également capable de faire quatre chin up et de pousser sur un poteau de métal pour faire sortir leurs pipes. Heille, on en fait-tu des affaires en même temps?

On va s’entendre pour dire que toi, mon ami le D en train de faire des chin up, des sit up sur les machines et des push up sur le trottoir (sérieux, pourrais-tu plus bloquer le chemin aux piétons?), tu as développé ta luxuriante masse musculaire en faisant juste ses exercices sur ces tubes en bordure de la plage. Tes pipes, tu les as gonflés au gym avec des dumbbells. C’est pas ici que tu t’entraînes et que tu maintiens ta masse musculaire à flot. Alors, vraiment, à part pour essayer d’impressionner du monde et péter de la broue avec ta shape, qui, by the way, fait en sorte que t’as plus l’air d’un cumulonimbus que d’un humain normal, pourquoi tu viens faire tes étirements chesse à l’air sur la plage? « Pour m’étirer avant de courir », me confie la même source anonyme. Pour courir??? Je ne suis peut-être pas Josée Lavigueur avec 22 livres sur l’exercice à mon actif, mais je sais quand même que si tu veux t’étirer avant de courir, ça serait peut-être utile que tu étires ton bas du corps. « … », de répondre l’anonyme soudainement dubitatif. C’est beau, Rambo!

Parce que, oui, le douche carioca court aussi. Je spécifie le chesse à l’air même si vous commencez à comprendre qu’il fait pas mal toujours tout le chesse à l’air. Donc, il court, le CÀL’A, sur la piste cyclable / de course construite entre la rue et le trottoir sur la plage de Copacabana et celle d’Ipanema/Leblon. À l’instar de Rod dans le premier épisode de Chest-Bras, la capsule d’entraînement culte sur Tinternet, le douche carioca fôôôôcusse un peu trop sur le haut du corps et néglige passablement le bas du corps et, conséquemment, le cardio. Résultat, un piètre résultat en piste. Fascinant de voir des gars découpés au couteau peiner à maintenir un rythme de 7 km/h sur du plat sur 5 kilomètres. Je dépasse la créature aux abdos d’acier, sans trop forcer, pratiquement en mode marche rapide. Je sens la souffrance dans son souffle rauque et ses expulsions d’air violentes et saccadées avec la bouche, un peu comme ma source anonyme en faisant ses chin up.

Heille Fardoche, je te dépasse pratiquement en marchant et ma cousine de 8 ans te dépasserait aussi, ça va faire le soufflage d’air comme si tu montais l’Everest avec un sac à dos de 200 livres… on pousse, mais on pousse égal, ok? À moins que ce soit une stratégie, ça aussi. Courir lentement, mais faire semblant qu’on sue que le viarge pour tenter d’impressionner de jeunes nymphettes trop tartes pour se rendre compte que tu fais par exprès et qu’il est impossible de forcer autant quand tu avances moins vite en courant qu’un nageur qui fait de la brasse. Peut-être après tout. Tant qu’à être phony sur le bidule à étirements, je serais pas surpris que tu joues autant la comédie en courant.

Mais, vous me connaissez, je réussis toujours à trouver du positif dans le négatif. En fait, je vois beaucoup de positif à observer les douches de Rio. De un, ils me font beaucoup rire… et on va s’entendre que c’est très important pour l’équilibre mental le rire dans la vie. Donc, ils me font rire, me divertissent. Mais leur nudité intéressée m’a également permis d’en découvrir plus sur la culture du tatouage au Brésil.

J’ai sévi dans plus de 30 pays sur les 5 continents et jamais à ce jour n’avais-je visité un pays où les gens sont aussi tatoués qu’au Brésil. Aucune statistique officielle à fournir, juste une observation générale. Une journée sans voir de tatoos, c’est impossible. Et évidemment, quand on est à proximité de la plage entre des chesses à l’air, on en voit encore plus. Et quand je parle de tatouage, je parle de tatouage des ligues majeures. Pour la plupart, on est loin du petit tatoo discret du caractère chinois de la chance ou un « je t’aime Carole » avec un ti-cœur rouge… Ici, on joue plus dans le tatoo qui fait un bras, une jambe ou le dos au grand complet. Tu regardes le tattoo et tu as l’impression de lire les deux tomes du Comte de Monte-Cristo.

Et idéalement pas juste en noir, on joue plus dans la palette de peinture Sico au grand complet. Dimanche dernier, un douche arborait un tattoo à dominance jaune et bleu pour fitter avec ses chaussures de course… jaunes et bleues… Un douche concept, c’est tellement attendrissant… On voudrait l’adopter…

Toujours dimanche dernier, curiosité piquée comme toujours, j’ai chevauché un de ces appareils, libre de douche, pour le tester et voir si une soudaine envie de me boire des shakes et de me caresser les pecs allait me prendre. J’adore le concept de pouvoir faire des exercices en bordure de la plage, ça incite les résidents à faire du sport et à bouger, concept qui m’est cher. Mais soyez rassurés, nul danger que je me métamorphose, je vais continuer à faire ces exercices en t-shirt du haut de mes 155 livres pas de muscles tout en continuant à analyser, avec mon œil d’anthropologue, le comportement de mes nouveaux amis.